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La charte d'éducation populaire

Préambule


Ce texte trouve son origine dans de nombreuses discussions, débats, rencontres entre des habitants, des membres du conseil d’administration, des salariés du centre social et culturel Del Rio, le théâtre de l’Arcane et des représentants institutionnels, partenaires du CSC Del Rio. Ce texte sert de plateforme de discussion sur le rôle de la culture en général et au sein du centre social et culturel Del Rio, implanté dans les quartiers de la Viste, en particulier. En 2014, il a permis de fédérer un groupe d’habitant et de salariés sous la forme d’un « comité d’éducation populaire ». A partir d’avril 2014,  toutes les propositions culturelles, idées, spectacles, manifestations, etc., nécessitant (au minimum) l’usage de la salle de spectacle devront être présentées et discutées au sein de ce comité qui devra prévoir des interactions entre les propositions qui sont faites depuis l’extérieur du quartier et les habitants du quartier (co-construction). Après discussion au sein du CA (juin 2014), il a été décidé que le directeur a un droit de veto concernant les décisions du comité. Si la majorité du comité et le directeur sont en désaccord sur une décision, alors la décision est renvoyée devant le CA qui tranche, en dernière instance.

Une nouvelle approche 
Points de repère En novembre 2013, une salle de spectacle a été inaugurée dans le Centre social et culturel Del Rio, au cœur de la cité de la Viste. Durant l’année 2012 et 2013, nous avons organisé différentes réunions entre les habitants, l’équipe du CSC Del Rio, les partenaires institutionnels et des intervenants extérieurs pour aboutir à la volonté commune de transformer les projets culturels existants en faisant intervenir les habitants dans la création d’un lieu de cultures vives.   
Un foyer de cultures vives Nous entendons par « culture vives » ce foisonnement culturel dont chacun de nous est porteur: histoires issues de notre origine, de notre culture, de notre vécu individuel et collectif.Il ne s’agit pas d’un centre social qui développe un projet culturel, mais d’un centre social qui se redéfinit comme foyer de cultures vives, qui assume la nécessité de fonder toutes ses activités sur la dimension culturelle (ou plus exactement multi- et inter-culturelle) de la vie des gens au service desquels il fonctionne. Dans la pratique, tout « projet » devra s’inscrire dans cette dynamique pour que nous ne soyons pas submergés par un « patchwork » d’actions n’ayant pas de liens entre elles et laissant « sur la touche » l’ensemble des personnes travaillant dans le centre.                             

Quelques idées-forces de l’éducation populaire La société dans laquelle nous vivons met en place des formes de domination, de servitude, instaurées souvent au nom même du Savoir, de la Culture, de l’Art, de la Démocratie, de la Liberté…   Pour cette raison, nous cherchons à déconstruire les normes imposées comme des évidences en mettant en place des actes de réflexion, des actes de « cultures vives », des actes de parole, des actes d’invention. C’est un acte d’émancipation qui fait reculer la passivité et « l’ignorance intentionnelle ». Par conséquent la culture n’a de sens que si elle permet à chaque groupe, à chaque personne de s’épanouir grâce à l’exercice de ses capacités à questionner et à critiquer les normes (sociales, économiques, politiques, morales, etc.) qui régissent son comportement.Le savoir entendu comme une somme de connaissances à acquérir demeure un savoir amputé et passif. Nous avons tous des connaissances à transmettre. Le savoir doit être partagé en impliquant chaque « apprenti » dans l’expression de ses connaissances (savoir-être, savoir-faire, cultures d’origines…) pour mieux appréhender de nouvelles connaissances.Les savoirs et cultures ne sont réellement précieux que s’ils permettent à chaque individu et à chaque groupe de développer toujours une meilleure compréhension du monde, d’associer bien-être et prise de position, autonomie et responsabilité, le regard et l’agir.  C’est pour ces raisons que nous nous inscrivons dans le champ de l'éducation populaire par notre volonté forte de construire des alternatives culturelles, sociales et politiques pour une démocratie partagée.                      Inventer d’autres dispositifsIl est nécessaire qu’une ligne directrice traverse et détermine toutes les activités, et concerne tous les acteurs impliqués dans la vie du Centre social et culturel.Il est important de tourner le dos à la « projectivité », c’est-à-dire à la logique des projets définis et formatés  avant d’être appliqués dans la réalité (avec la violence que cela implique  sur cette réalité et sur les « bénéficiaires » du projet en question). Redéfinir le projet culturel, c’est inventer une autre façon de se positionner dans la construction d’actes culturels. L’expérience nous montre que des actes culturels peuvent se mettre en place sans les avoir préalablement inscrits dans « un projet ».
Plusieurs propositions nouvellesIl ne s’agit bien évidemment pas de « faire table rase » des activités existant à Del Rio mais au contraire, en nous appuyant sur elles,  de réfléchir collectivement  au développement de ces actions autour de l’axe « éducation populaire »Nous avons également l’ambition de mettre en place (en plus des actions existantes) des constructions culturelles allant du débat interactif à la production de savoirs et la réalisation de productions culturelles par et avec les habitants. Nous proposons donc :                                                                        - La mise en place d’ateliers expérimentaux· ateliers autour du jardin partagé (cf. annexe)· atelier « expression » des habitants : Cet atelier pourra  utiliser différents outils « artistiques »   : théâtre, écriture, danse, travail sonore….· atelier de fabrication de sens et de formes. Cet atelier portera sur l’analyse et la fabrication d’informations permettant de développer les capacités d’écoute et de réflexion de chacun.                                                                                              · d’autres actions pourront être mises en place.   - La venue de groupes extérieurs au quartier : régionaux, nationaux, européens ou non européens, avec une attention particulière portée aux pays du pourtour méditerranéenNous inviterons des « compagnies » qui répondent à nos orientations culturelles : spectacles accompagnés d’ateliers, débats organisés autour des œuvres et des thèmes qui interrogent le monde d’aujourd’hui. C’est dans le même esprit que nous proposerons des rencontres interculturelles à une échelle internationale. D’autres rencontres pourront se faire avec différents partenaires déjà contactés: Théâtres, Centres sociaux et Maisons des Jeunes et de la Culture, associations de quartier, etc…
- Un travail d’éducation populaire permanent  Autour de films, d’expositions, de lectures, et avec la présence de différentes personnalités (artistes, sociologues, philosophes...), nous faciliterons un échange de savoirs. Dans la même optique, nous mettrons en place des forums avec la présence de directeurs de structures, d’artistes, d’habitants concernées par cette approche. Cela nous permettra de poursuivre notre réflexion, d’une façon active et toujours collective, sur les orientations d’une politique culturelle affirmée et ceci de deux manières :1 – en animant des ateliers débats participatifs menés par des participants formés à un travail d’éducation  populaire (principalement en direction de l’équipe élargie de Del Rio).                                                                                                                                         L’important est de provoquer et de maintenir en permanence un dialogue créatif entre les acteurs-porteurs-responsables-administrateurs de l’association et les divers membres professionnels ou non de l’équipe du Centre, dans le « projet culturel » en perpétuelle construction. Les premiers actes d’un changement institutionnel consistent précisément dans la mise en place de nouveaux rituels d’échange et d’écoute, c’est-à-dire de « communication » qui fassent percevoir l’espace institutionnel comme un espace surprenant, un espace où il peut toujours se passer quelque chose d’imprévu, et où chacun, réellement, se sente convoqué, c’est-à-dire invité à faire entendre sa voix. 2 – en animant des ateliers débats participatifs avec les habitantsPour définir une dynamique de travail non linéaire, il est nécessaire d’établir un espace ou « l’ambiance » permette à chacun d’entrer dans le champ du désir, de développer une meilleure compréhension des événements, d’associer “envie et l’agir, d’être réellement acteur dans la cité.                         ConclusionNous revendiquons la nécessité du temps pour errer, tâtonner, construire par approximations, erreurs et corrections, en s’appuyant, d’abord et toujours, sur la façon dont les sujets même du processus le vivent et l’interprètent. Un sujet est un être réel doté de qualités et qui produit des actes, il n’est donc pas un « destinataire » ni « bénéficiaire » ni « public » ni « client ». C’est un principe expérimental de retissage du fameux « lien social ». C’est la seule orientation sérieuse d’une éducation populaire qui réponde aux nécessités de notre temps. C’est aussi le principe de toutes les démarches authentiques de création. Il s’agit, en somme, de créer des dispositifs qui permettent d’accueillir, sans a priori, ce qui surgit, sous des formes multiples, de multiples sources et de multiples voix, pour déconstruire toute norme imposée et pour construire progressivement quelque chose qui fasse sens pour tous.

NOTRE SALLE DE SPECTACLE