Un outil clé-en-main pour créer votre site gratuitement
Sans connaissance
technique
Et l’enrichir avec
des options à la carte

Présentation du centre social DEL RIO

Lieu d’expérimentation culturelle



Petite histoire de la Viste

Dans les ouvrages d’histoire, la Viste apparaît au XVIème siècle mais elle fait partie d’un territoire plus vaste (Les Aygalades, St Antoine, etc.). En 1871, une paroisse est construite et on compte 300 habitants. Dès cette époque, des patronages et des cercles organisent des activités sociales et culturelles avec les jeunes et les adultes. Il y a les prémisses d’une solidarité entre habitants, basée notamment sur le patronage.

Le peuplement du plateau de la Viste s’opère progressivement en lien avec l’industrialisation de l’agglomération marseillaise et l’arrivée des différentes vagues de populations : citadins, rapatriés d’Algérie, maghrébins, etc.

C’est en 1962 qu’a été livrée aux habitants la cité du 38 (685 logements) au milieu de laquelle se situe aujourd’hui le centre social et culturel Del Rio. Quelques années plus tard se sont construites la Viste Provence (306 logements) et les premières zones pavillonnaires.

Ces deux cités étaient essentiellement habitées par des fonctionnaires et par une forte proportion de rapatriés d’Algérie.

Progressivement, le peuplement du quartier a changé. D’autres habitants sont arrivés, issus d’immigrations méditerranéennes.

La désindustrialisation progressive de la ville entraîne un chômage de masse et une difficulté de cohésion entre les différentes populations.

C’est face à ces réalités que le centre social tente aujourd’hui de questionner ses actions culturelles.


Territoire : du « vivre ensemble » au « construire ensemble ».

Les actions culturelles dans lesquelles le centre social et culturel Del Rio s’est engagé durant ces trois dernières années ont permis de découvrir un territoire riche et complexe, dans lequel la cohésion est difficile :

- les deux balades urbaines développées lors de l’année européenne de la culture ont révélé un patrimoine historique particulièrement fort, où l’histoire des individus et des différentes communautés est fondamentale dans la construction identitaire des habitants.

- le projet Civic City, mené dans le cadre d’un « quartier créatif », a permis des rencontres entre les habitants de la Viste et des Aygalades. Des histoires communes et des trajets singuliers ont révélé l’importance de partager ensemble une histoire du quartier, de ses peuplements, de ses transformations.

- le jardin partagé du Belvédère permet également de rassembler des habitants des différentes zones du territoire, aux histoires très différentes et trop souvent ignorées ou tues.

Aujourd’hui, tout en considérant l’importance des différentes histoires qui « font » la Viste, nous sommes convaincus que le vivre ensemble doit être dépassé pour devenir un « construire ensemble » : la transmission de l’histoire ne doit pas nous enfermer dans une posture victimaire mais au contraire nous permettre d’envisager l’avenir ensemble.


Requestionner la fonction de l’animateur.

Travailler avec les habitants sous cette nouvelle approche implique de requestionner la fonction de l’animateur. Dans ce cadre, ce n’est pas le statut qui est pris en compte mais plutôt la fonction d’animation. Ainsi, outre les salariés, nous avons mis à contribution les administrateurs, les bénévoles et des intervenants culturels. Cette étape nous a permis de mettre en œuvre des sessions de formation, des débats, des conférences, l’organisation de comités mixtes et ainsi d’occasionner une redéfinition du sens de l’accompagnement.

Ce travail a pu être mené avec l’appui de personnes ressources11 Marc Klein (artiste et pédagogue travaillant au Chiapas, Mexique), Paul Biot (homme de théâtre belge, fondateur du FITA), Michel Kokoreff (sociologue, coauteur de Refaire la cité, l’avenir des banlieues, Seuil 2011), la coopérative d’éducation populaire Vent Debout (antenne du Pavé, à Toulouse), Jean-Paul Mignon (DRJSCS, conseiller à l’éducation populaire), Franck Lepage (un des fondateurs du Pavé, auteur de « conférences gesticulées »). Toutes ces actions ont montré que la formation des animateurs, le choix des formateurs et de leurs méthodes, sont importants pour développer les contenus des actions culturelles. Elles permettent également une interaction entre les animateurs, les bénévoles et les habitants. Nous tenons à ce que cette démarche soit opérée de manière continue.


L’enjeu du projet culturel.

Ces dernières années, nous nous sommes attachés à écrire un projet culturel. Même si ce document fut finalisé en 2012, il fait l’objet d’une remise en question continue. En effet, notre volonté de co-construction nous a poussés à articuler plusieurs démarches, plusieurs méthodes, plusieurs identités artistiques, etc. Cela occasionne des oppositions et un débat, essentiels à un projet qui se veut fidèle aux enjeux d’un territoire et de ses acteurs. Aujourd’hui, notre salle de spectacle est vécue avant tout comme un lieu de médiation : débats, échanges, rencontres, expérimentations (avant d’être un lieu de diffusion).

La culture n’a aucun intérêt si elle reste un moyen de consommation. Elle doit permettre à chacun d’entre nous non seulement de se rencontrer mais de refuser les aliénations sociales et psychologiques. Elle doit permettre à chacun d’entre nous de construire sa propre histoire avec les autres. C’est dans ce cadre que nos actions se définissent.



 

  1. De la danse aux expressions

La danse est une action forte de notre activité et met en exergue des enjeux essentiels pour l’avenir. C’est pourquoi, outre le fait de prendre en compte cette initiative créée par les habitants des années 60, nous requestionnons son appropriation par les habitants d’aujourd’hui.

Ainsi, en 2015, le centre social célèbrera son 50ème gala de danse au théâtre Toursky, mobilisant toujours autant de monde. Toujours très fédérateur, le secteur de la danse a su diversifier ses activités au fil du temps (classique, contemporain, modern jazz, hip hop, coupé décalé), accueillir des groupes amateurs dans ses locaux, rester curieux et ouvert. Après le gala et grâce au travail de la commission d’éducation populaire, des échanges (débats, forums, « Faites de la parole », formations, etc.) vont nous pousser à préciser les contours de cette activité. Par exemple : comment le mouvement chorégraphique peut-il contribuer à émanciper les corps et les esprits ?


2. Ateliers d’expression.

Ces ateliers, quelque soit les supports qu’ils utilisent (théâtre, enregistrements sonores, vidéo, débats participatifs, ciné-club, ateliers d’art plastique, etc.) ne visent pas forcément un résultat (présentation publique). Ce qui nous importe, c’est la qualité du processus dans le temps que fabriquent ensemble habitants et intervenants/animateurs. Nous cherchons à révéler et à encourager des qualités d’autonomie et d’émancipation chez les participants.

Pour exemple, des demandes sont régulièrement faites autour d’ateliers artistiques (cours de piano, chant, théâtre...). N’étant pas dans une logique d’école, nous ne refusons pas ces demandes. Cependant, il est essentiel d’adopter d’autres modes de transmission et d’éveil.


3. La salle de spectacle comme moyen d’ouverture

Outre la volonté d’éducation populaire, notre centre social et culturel, et particulièrement sa salle de spectacle, veulent rester ouverts à d’autres partenaires culturels ou artistiques. Depuis quelques années, notre action a permis l’accueil d’initiatives culturelles (par exemple, des compagnies de théâtre invitées dans le cadre du FITA et les spectacles proposés par le théâtre de l’Arcane). L’idée fondatrice de ce partenariat est de prendre en compte l’individu dans sa capacité créatrice. Ainsi, toute initiative artistique proposée passera par un échange au sein de la commission d’éducation populaire

 

historique